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Claude Chiasson
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© Mise à jour le 7 septembre 2014

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Collection Les Génies de la musique, CD No 10: Soirée de ballets à l'opéra
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 Pièce 
Compositeur / Interprète
 Titre 
        L'époque romantique vit triompher le ballet blanc, chaussons de satin et vaporeux tutus de mousseline, dont Giselle marque l'apothéose. Dans la seconde moitié du xXIXe siècle, le ballet est entré dans Les mœurs et devient même un ingrédient obligatoire de l'opéra (En 1885, Massenet ne dérogera pas à la règle en insérant des danses dans son opéra Le Cid). Ce qui permet à des musiciens quelque peu académiques de diversifier avec bonheur leur inspiration en illustrant les thèmes féeriques. Léo Delibes restera surtout célèbre grâce aux charmes de Sylvia et de Coppélia, tandis que le ballet connaît une nouvelle jeunesse en Russie grâce à Tchaïkovski et au chorégraphe français Marius Petipa. En 1909, enfin, les Ballets Russes font revivre la grande tradition du ballet romantique avec Les Sylphides, sur des musiques de Chopin.
Guide d'écoute
 
   01 ADAM
Giselle
Quelques mois après la création de Giselle ou Les Willis à l'Opéra (28 juin 1841), Théophile Gautier écrivait à son ami Henri Heine, dont le beau livre De l'Allemagne (1833) lui avait inspiré l'argument de ce ballet si célèbre : Je tombai sur le passage où vous parlez des elfes à la robe blanche dont l'ourlet est toujours humide, des Willis au teint de neige, à la valse impitoyable, et de toutes ces délicieuses apparitions que vous avez rencontrées dans la brume veloutée du clair de lune allemande et je m'écriai involontairement: Quel joli ballet on ferait avec cela! Puis je me mis à rire, me disant qu'il était bien impossible de traduire au théâtre cette poésie vaporeuse et nocturne, cette fantasmagorie voluptueusement sauvage, tous ces effets de légende et de ballade si peu en rapport avec nos habitudes.
La projet aboutira pourtant, avec l'aide du brillant et spirituel Vernoy de Saint-Georges, qui écrivit le livret en trois jours. Et au bout de la semaine, ajoute Théophile Gautier, Adam avait improvisé la musique. Riche en motifs pittoresques et en effets d'orchestre, cette partition séduisit public et chroniqueurs musicaux par son caractère de fantastique gracieux bien en accord avec le goût de l'époque. Le très prolifique Adolphe Adam (1803-1856) était habitué au succès, car ses opéras comiques, tels La Chalet (1834) ou Le Postillon de Long-jumeau (1836) firent les délices des Français. Cette consécration populaire n'avait toutefois pas tourné la tête au compositeur, considéré avec quelque condescendance par les critiques sérieux. Adam, à qui l'on doit aussi l'impérissable Minuit chrétien, ne nourrissait pas de prétentions excessives: Je ne puis faire que de petite musique, c'est convenu: je me contente donc de faire comme je puis, comme je sais, et j'attends que le public se lasse de moi pour cesser d'écrire. Cependant, il trouve dans le ballet une stimulation nouvelle: Rien ne me plait davantage que cette besogne qui consiste, pour trouver l'inspiration, non à compter les rosaces d'un plafond ou les feuilles des arbres du boulevard, mais à regarder les pieds des danseuses. J J'écris les idées qui me viennent, et elles viennent toujours, les aimables filles! Et pour se presser si fort, au risque de chiffonner leur toilette, elles ne me sourient pas moins, et il m'arrive, tout harcelé que je sois par le maitre de ballet, de les trouver fraiches et jolies. On ne travaille plus, on s'amuse.
La triomphe de Giselle fut aussi celui de Carlotta Grisi, reine du ballet romantique (comme ses cousines Giulia et Giuditta Grisi avaient été les reines du bel canto) qui se retira à l'âge de 35 ans dans la somptueuse propriété suisse que lui avait offerte la prince Radziwill.
Adam / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: Gianfranco Rivoli
 Giselle Acte 1
   02 CHOPIN
Les Sylphides
En 1909, Serge de Diaghilev inaugurait à Paris la première saison des Ballets Russes. Tout avait été réuni pour créer l'événement: danseurs et chorégraphes prestigieux, décors d'un luxe et d'un raffinement inouï et programme associant habilement les flamboiements de la couleur orientale (La Prince Igor) et la musique la plus suave. La ballet Les Sylphides offrait ainsi, dans une version orchestrale, une anthologie de la musique de Chopin intitulée initialement Chopiniana (un titre que ce ballet en un acte conservera en Russie). Les Parisiens se pressèrent an théâtre du Châtelet pour admirer les étoiles de la danse russe - Anna Pavlova, Tamara Karsavina et le bondissant Vaclav Nijinski - qui se livraient, sur une belle chorégraphie de Michel Fokine, à une grandiose célébration du ballet romantique.
Ce titre Les Sylphides était à lui seul une évocation, se référant implicitement à La Sylphide (1832), qui avait vu le mémorable triomphe de la Taglioni. C'était le premier en date des < ballets blancs >, qui marquait 1'avènement des pointes et des grands tutus de mousseline blanche, consacrant également une nouvelle technique chorégraphique é base d'envols, de grands jetés, d'arabesques...
Après l'énorme succès des Sylphides, Serge de Diaghilev allait récidiver en proposant deux festivals de la musique de Schumann, Le Carnaval (1910) et Papillons (1914).
Chopin / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: Boris Mersson
 Les Sylphides Prélude No 7
   03
Chopin / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: Boris Mersson
 Les Sylphides Nocturne No 2
   04 DELIBES
Coppélia
Alfred Bruneau, dans son ouvrage-inventaire La Musique Française (1901), voit en Delibes le gai petit-fils de Boïeldieu par son élégance musicale et le fils assagi d'Offenbach par sa fantaisie bouffonne, ajoutant qu'il se montra surtout original et créateur dans la musique de ballet. Les ouvrages que Léo Delibes écrivit pour le théâtre sont certes bien oubliés aujourd'hui, encore que l'orientalisme très fin de siècle de son opéra Lakmé (1883) ne soit pas dénué de tout attrait et qu'il faudrait peut-être redécouvrir son pétillant opéra comique Le roi l'a dit (1873), voire son opérette-bouffe La Cour du roi Pétaud (1869).
Ii n'en reste pas moins que c'est avec la musique chorégraphique que le compositeur a exploité sa veine la plus heureuse, revivifiant même l'antique tradition du ballet-pantomime avec cette Coppélia sous-titrée La Fille aux yeux d'émail et créée le 25 mai 1870, à la veille de la guerre franco-prussienne.
Sa partition, qui abonde en trouvailles rythmiques, mélodiques et instrumentales, est fortement teintée de folklore musical slave (de Pologne et de Hongrie essentiellement). C'est ainsi qu'une Mazurka succède au Prélude tout en délicatesse qui nous introduit dans le monde magique des contes de fée. Couleur locale encore dans le Thème slave varié (un magnifique exemple de virtuosité instrumentale d'après une mélodie du musicien polonais Moniuszko), puis dans la Czardas, tandis que le Nocturne accompagne poétiquement un épisode de pantomime. En inscrivant Coppélia au répertoire des Ballets Russes, Diaghilev joua habilement sur cette fraicheur folklorique.
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 Coppélia Prélude et Mazurka
   05
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 Coppélia Nocturne
   06 DELIBES
Sylvia
Delibes remporta encore un énorme succès en 1876 avec Sylvia, ballet en trois actes et cinq tableaux qui nous transporte dans un univers mythologique qui a les gracieuses séductions des pastorales du XVIIIe siècle. Le livret de Jules Barbier et Jules de Reinach, qui s'inspire du Tasse, nous dépeint les orageuses amours de la nymphe Sylvia et du berger Aminta, idylle contrariée par Diane et par Orion, mais favorisée par le dieu Éros. Plutôt que de voir dévoi1cr ses coupables amours avec Endymion, Diane unira les deux amants et pardonnera à Sylvia sa faiblesse pour un simple mortel.
C'est peut-être la musique la plus originale de Delibes, d'une structure dramatique si organisée que l'on a pu dire qu'il avait fait de la partition de ballet un véritable poème symphonique. Le Prélude lui-même participe à l'action dramatique, soulignant l'entrée du cortège des nymphes. L'apparition des Chasseresses est ensuite rythmée par l'appel des cars (une réminiscence wagnérienne ?) et des timbales. Autre page célèbre, le Divertissement dansé par Sylvia (avec ses étincelants Pizzicati si souvent imités) lorsque Aminta parvient à la reconnaître parmi toutes les esclaves voilées, réussissant ainsi l'épreuve imposée par le dieu Éros. Le Cortège de Bacchus est sans doute la page la plus brillante, avec ses rutilants effets de cuivres.
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 Sylvia Les chasseresses
   07
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 Sylvia Divertissement et Pizzicati
   08
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 Sylvia Marche et cortège de Bacchus
   09 DELIBES
La Source
En 1864, Léo Delibes est nommé chef des chœurs à l'Opéra. Sa nouvelle position dans ce temple officiel de l'art lyrique et de la danse est peu compatible avec la réputation qu'il s'est acquise dans la musique légère. II ne lui faudra que deux ans pour s'imposer en réhabilitant la partition de ballet, considérée jusque-là comme un ouvrage indigne d'un grand compositeur. Avec La Source (1866), il a même créé un genre nouveau le ballet symphonique.
L'entreprise, pourtant, fut bien laborieuse. À l'origine, Delibes devait seulement aider un musicien russe d'origine polonaise, Ludwig Minkus, à terminer une commande, un ballet en quatre actes qui prenait un retard inquiétant. La Source développait un thème traditionnel du folklore slave, celui de la roussalka, sorte de nymphe des rivières, des lacs et des fontaines dont les sortilèges sont tantôt favorables tantôt fatals aux humains (sujet illustré à l'opéra par Dargomijski et par Dvorak).
Delibes prit en charge les deuxième et troisième actes, laissant le premier et le quatrième Minkus (mais de toute àvidence son influence s'exercera sur l'ensemble). Pour satisfaire le goût orientaliste de l'époque, l'action fut transposée en Perse: se désaltérant à une source, le chasseur Djémil rencontre une bohémienne qui lui prédit qu'il tombera amoureux. Paraît une merveilleuse jeune fille; Djémil se déclare, mais l'élue de son cœur, une princesse, est promise au khan, et il est condamné pour crime de lèse-majesté. Naïla, la nymphe de la source qui aime aussi le beau chasseur, le sauve. Elle se sacrifie en lui offrant la fleur magique dont elle est la gardienne. A peine s'en est-elle séparée qu'elle succombe, tandis que la source et son oasis se transforment en une terre desséchée.
La première de La Source, le 12 novembre 1866, fut un triomphe. Les critiques ne trouvèrent pas assez de qualificatifs pour louer les charmes de cette musique allègre et chatoyante, d'un exotisme si bien adapté au goût français. Le Pas des voiles et la Dame circassienne soulevèrent notamment l'enthousiasme.
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 La source Pas des voiles
   10
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 La source Andante
   11
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 La source Variations
   12
Delibes / Orchestre: des Concerts de Paris, Direction: George Walter
 La source Danse circassienne
   13 MASSENET
Le Cid
Après l'enthousiasme suscité par Manon (1884), Massenet pouvait difficilement espérer semblable triomphe pour son opéra Le Cid, d'après Corneille. Ce ne fut qu'un succès normal, c'est-à-dire un demi-échec. Les critiques, certes, avaient été bonnes, mais sans sortir des louanges conventionnelles adressées à tout ouvrage respectant le bon goût académique.
Dû à Louis Gallet et Adolphe d'Ennery (qui s'appelait tout bonnement Dennery et qui est passé à la postérité en tant qu'auteur des Deux Orphelines), le livret, qui intéressa un temps Bizet, n'était pas plus mauvais qu'un autre - il manquait seulement à ce Cid l'étincelle du génie. On y trouvait, comme dans tout opéra de l'époque, des danses, car les habitués n'auraient pas admis une dérogation aux règles (Wagner lui-même fut bien obligé de rajouter un ballet à son Tannhäser pour la première parisienne). Couleur locale espagnole (Aragonaise et Navarraise) et pittoresque médiéval (Aubade) sont ici mis largement a contribution.
Massenet / Orchestre: de l'Opéra de Monte-Carlo, Direction: Paul Paray
 Le Cid Aragonaise
   14
Massenet / Orchestre: de l'Opéra de Monte-Carlo, Direction: Paul Paray
 Le Cid Aubade
   15
Massenet / Orchestre: de l'Opéra de Monte-Carlo, Direction: Paul Paray
 Le Cid Navarraise
   16 TCHAIKOVSKI
Casse-Noisette
Après La Belle au bois dormant (1890), Casse-Noisette (1892) voit se renouveler la collaboration entre Tchaïkovski et le chorégraphe français Marius Petipa. L'argument est tire de l'adaptation française, due à Alexandre Dumas, d'un récit de E.T.A. Hoffmann, Casse-Noisette et le Roi des souris. L'héroïne en est la petite Clara, qui se trouve transportée, à la faveur d'une nuit de Noël, dans l'univers magique des contes. Elle fait ainsi la connaissance de la Fée Dragée, qui la reçoit dans son palais de Confiturembourg, du général Casse-Noisette et du prince charmant. Mais comment voulez-vous donc que je représente Confiturembourg en musique?, se lamentait Tchaïkovski. II y parvint cependant, par une invention mélodique qui sait si bien évoquer les Féeries de l'enfance. Sans doute parce qu'il était resté lui-même un enfant blessé.
Tchaikovski / Orchestre: de l'Opéra de Monte-Carlo, Direction: Igor Markevitch
 Casse noisette Ouverture miniature
   17
Tchaikovski / Orchestre: de l'Opéra de Monte-Carlo, Direction: Igor Markevitch
 Danse de la Fée Dragée, Danses russes, Danse arabe, Danse chinoise, Danse des Mirlitons
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